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« Les tours de pierre ont probablement été les pires résidences qu'aient connues les gardiens de phare au XIXe siècle.  

Toutefois, plusieurs plaintes de gardiens dotés d'une maison seule ou encore logeant dans un corps de logis annexé au phare de bois démontrent que leur logement n'était guère plus confortable que celui offert dans les tours de pierre.


 Certes, les gardiens de phare ont connu des conditions d'hébergement beaucoup plus confortables au XXe siècle. »

Normand Lafrenière, Gardien de phare dans le Saint-Laurent: un métier disparu, pp. 60-61




La maison-phare
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Comme l'explique Normand Lafrenière dans son livre, Gardien de phare dans le Saint-Laurent: un métier disparu, les premiers phares construits à partir du début du XIXe siècle pour l'aide à la navigation dans le Saint-Laurent, sont des tours de phare en pierre comprenant des pièces aménagées pour le logement du gardien et de sa famille, comme le phare de Pointe-des-Monts construit en 1830.
«Au Québec, au moins six de ces tours de pierre ont servi de logements aux gardiens et à leurs familles. Ceux-ci se plaignaient fréquemment des infiltrations d'eau, de la fumée, du froid intense et de l'humidité dont ils avaient à souffrir à l'intérieur de ces tours.»

Au phare de Pointe-des-Monts, «six gardiens et leur famille ont dû supporter l'inconfort de la tour du phare... avant que le Ministère de la Marine et des pêcheries ne leur construise une maison convenable en 1912», tel que le révèle l'ouvrage de Normand Lafrenière. À partir de 1870, le ministère de la Marine met de l'avant une nouvelle génération de phare comportant une véritable maison en bois, une unité d'habitation distincte, pour loger le gardien de phare et sa famille. Ainsi, débute le long du fleuve et dans le golfe Saint-Laurent une période de construction de "maison-phare". Ce nouveau type de phare est caractérisé par une tour en bois surmontée d’une lanterne, laquelle est rattachée directement à la maison de gardien. Plus tard, au milieu du 20e siècle, le gouvernement construira une nouveau type de maison de gardien: la maison entièrement détachée de la tour du phare, lorsque les premiers phares en bois seront graduellement remplacés par des phares en béton de forme octogonale.

La maison-phare de l'Île-aux-Oeufs, construite en 1871, comprend une tour en bois à laquelle est rattachée une maison de gardien construite également en bois.  L’expression "maison-phare" est utilisée par Mary Collin-Kavanagh dans son ouvrage Femme de gardien de phare pour décrire le phare et la maison de gardien construite sur l'Île aux Perroquets en 1888 près du village de Longue Pointe (Mingan). La maison-phare se compose généralement d’un corps de logis principal contenant la cuisine et les pièces de séjour, qui est annexé à la tour du phare et donne ainsi accès aux escaliers de la tour menant à la lanterne et au mécanisme de la lumière du phare. À l'Île-aux-Oeufs, la maison-phare comprend également une cuisine d’été au niveau du rez-de-chaussée, servant d'entrée principale à la maison du gardien. Il est fort probable qu’à l’origine, la maison-phare ne comportait pas de cuisine d'été et que celle-ci aurait été ajouté à la maison-phare initiale à une période ultérieure.

Au niveau de l'étage, la maison-phare comportait les chambres à coucher pour les membres de la famille du gardien.  Dans la maison-phare de l’Île-aux-Oeufs, une chapelle avait été aménagée à l’étage par le premier gardien, une pièce adossée au mur de la tour du phare.  M. Paul Côté, un homme religieux, avait aménagé une chapelle à l’étage de la maison-phare pour permettre notamment aux missionnaires et prêtres de passage sur la Côte-Nord de célébrer la messe et de donner les services religieux aux familles des gardiens. En 1874, la chapelle du phare fut érigée en mission par Mgr F.-X. Bossé, Préfet apostolique du Golfe Saint-Laurent. Depuis son création, l'humble chapelle du phare a servi à la célébration de sept mariages et aussi de quelques baptêmes. En 1882, on y célèbre le mariage de Joseph Thibault et Élise Boucher. Par la suite, entre 1915 et 1936, le mariage des six filles d'Elzéar Chouinard, furent tous célébrés dans la chapelle du phare par le Père Regnault, eudiste, sauf le mariage de Wilfrid Jourdain et Mary Chouinard, qui fut célébré par le Père Hulaud, eudiste.

Mme Mary Collin-Kavanagh dans son livre Femme de gardien de phare mentionne que «la maison-phare était construite entièrement en bois et ne comportait pas d'isolation... c'est la vieille maison attenante au phare bâti en 1888. Elle est solide comme du roc, même exposée au grand vent du large. Mais ce grand vent du large trouve tout de même le moyen de s'infiltrer par les fentes des planches...»

La maison du gardien pouvait certainement s'avérer froide en hiver sans le support d'un système de chauffage. Chacune des deux parties de la maison (cuisine d'hiver et cuisine d'été) étaient munies d'un système de chauffage: poêle à bois pour le chauffage au bois et aussi un poêle pour le chauffage au charbon mou. Les deux cheminées sont visibles sur les murs des deux parties de la maison-phare. Enfin, pour ce qui est des toilettes, appelé "closet", elles étaient localisées dans un petit bâtiment situé à l'extérieur de la maison-phare. Au phare de l'Île-aux-Oeufs, on remarque des annexes installées en appentis sur les façades de la maison du gardien. Ces annexes devaient servir certainement de vestibule d'entrée à la maison-phare, alors que celles situées à l'arrière de la maison devaient être utilisées comme rangements, toilettes ou salle de bain pour le famille du gardien.