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 « Le gardien de phare
est chargé de faire fonctionner la lumière qui guidera
les bateaux la nuit ou par temps de brume pour leur signaler la bonne route à suivre et les empêcher de s'échouer.

 Parmi ces installations,

il y a les phares côtiers
établis en bordure du fleuve,
les stations insulaires
fixées sur une île,
les piliers-phares construits
en béton et entourés d'eau,
et les bateaux-phares.
 Dans la plupart de ces cas, le gardien doit travailler
loin de la terre ferme,
sur une île isolée
du Saint-Laurent,
accompagné de sa famille. »

Pomerleau, Jeanne,

Gens de métiers et d'aventures,
«Le gardien de phare».
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Les gardiens du phare
  1. Managing Director
  2. Managing Director
  3. Managing Director
  4. Managing Director
  5. Managing Director
  6. Managing Director
Depuis la construction du phare en 1871 jusqu'à sa démolition en 1970, six gardiens de phare ont successivement résidé avec leur famille dans la maison du gardien de phare de l'Île-aux-Oeufs. Voici donc les six gardiens de phare qui, pendant presque 100 ans, ont travaillé à entretenir les installations du phare de l'Île-aux-Oeufs et ont continuellement veillé sur le bon fonctionnement de sa lumière.

«Pour devenir gardien, il faut de la débrouillardise dans les situations d'urgence, comme au moment d'un bris mécanique, alors que les contacts avec la côte deviennent des tâches du métier. Le gardien de phare ne manque pas d'occupation. Le jour, en plus de son travail, il doit entretenir la tour et les bâtiments qui s'étalent autour du phare. Cependant, son principal travail concerne le fonctionnement des lampes de nuit, ce faisceau de lumière qu'il allumait une heure avant le coucher du soleil et éteignait le matin, sauf par temps de brume.»
Pomerleau, Jeanne, Gens de métiers et d'aventures, «Le gardien de phare».

●   1)  Paul Côté, originaire de l'Île Verte, premier gardien du phare de l'Île-aux-Oeufs. Il occupe sa fonction du 4 novembre 1871 au 30 juin 1901.  «Paul Côté, le premier gardien du phare de l'Ïle-aux-Oeufs, comme les autres gardiens qui vinrent après lui, était le type du vrai Canadien français poli, galant, hospitalier, aimant à rire et à s'égayer.» Damase Potvin, Le Saint-Laurent et ses îles.

Faucher de Saint-Maurice raconte qu'un soir, vers la fin de l'automne 1872, la lumière du phare se brisa... «pendant cinq semaines, cet automne-là, et cinq semaines au printemps suivant, homme, femme, filles et enfants tournèrent à bras le mécanisme de la lumière du phare.... Pendant ces interminables nuits, où les englures, les insomnies et l'énervement s'étaient donné rendez-vous dans cette tour; pas une plainte ne se fit entrendre. Personne, depuis l'enfant de dix ans jusqu'à la femme de quarante, ne fut trouvé en défaut; et le phare de l'Île-aux-Oeufs continua, chaque minute et demie, à jeter la lumière protectrice sur les profondeurs orageuses du golfe. Que de navires, sans le savoir, furent sauvés, ces années-là, par l'héroisme obscur de Paul Côté, de sa femme et de ses filles.»  
Pomerleau, Jeanne, Gens de métiers et d'aventures, «Le gardien de phare», extrait de «Les Îles : promenade dans le golfe Saint-Laurent» de Faucher de Saint-Maurice.

●   2)  Tancrède Pelletier, gendre de Paul Côté le précédent gardien, il est le 2e gardien du phare de l’Île-aux-Oeufs et occupe sa fonction du 1er juillet 1901 au 30 juin 1911.

●  3)  Elzéar Chouinard, originaire des Îlets-Caribou, 3e gardien du phare. Il occupe son poste à l'Île-aux-Oeufs du 1er juilllet 1911 au 4 mai 1937, soit pendant plus de 25 ans. Il se retire à l'âge de 70 ans et laisse la place à son fils, Émile, alors âgé de 34 ans. Ce dernier était assistant gardien depuis quelques années.


«M. Elzéar Chouinard, en poste du 1er juillet 1911 au 4 mai 1937, était le fils d'une famille pionnière des Îlets-Caribou. L'auteur bien connu, Damase Potvin, mentionne que ce gardien était très généreux et hospitalier avec les navigateurs et les pêcheurs qui étaient nombreux, autour de l'île, à cette époque.»  
Beaudin, Réjean et Brisson, Marc, L'Île-aux-oeufs, un patrimoine maritime à découvrir, La Revue d'histoire de la Côte-Nord, No. 8, Mars 1988.

●  4)  Émile Chouinard, fils d’Elzéar Chouinard, 4e gardien du phare. Il occupe le poste de gardien de phare sur l'île du 5 mai 1937 jusqu'en février 1958. Par la suite, il est gardien de phare au phare de Métis-sur-Mer de 1958 jusqu'à son décès en 1959.


«Mon père (Émile Chouinard) était gardien du phare de l'Île-aux-Oeufs (Eggs Island, comme on le disait alors au gouvernement fédéral), comme l'avait été son père avant lui. Depuis 1908, la famille Chouinard occupait l'île en maître et seigneur: en effet, le phare de l'Île-aux-Oeufs en était un de moindre importance pour la navigation, il n'était pas doté de criard à brume et un seul gardien, avec bien sûr sa famille, était nécessaire à la bonne marche du phare... C'est sur cette île que je passe les treize premiers étés de mon enfance avec ma famille. Nous passions, question de commodité, les hivers au village de Baie-Trinité; il n'y avait bien sûr pas d'école sur l'île. Mais les étés, nous étions la seule famille à occuper l'île que nous considérions comme un immense et fabuleux terrain de jeux privé.»
L'Île-aux-Oeufs. Entre la légende et la vérité..., Laval Chouinard, La revue d'histoire de la Côte-Nord, No. 16, Mai 1992, pages 14-15.

●  5) Ange-Henri Dugas, petit-fils d'Elzéar Chouinard, 5e gardien du phare de l'Île-aux-Oeufs. Né à Rivière-Pentecôte en 1928, il est le fils de Émile Dugas et de Julie-Anna Chouinard (fille d’Elzéar) et occupe le poste de gardien de phare à l'Île-aux-Oeufs de 1958 à 1965.

●  6) Francis Poulin, originaire de Baie-Trinité, est le dernier gardien du phare de l'Île-aux-Oeufs en poste de 1965 à 1969. Le gouvernement procède à la démolition du premier phare de l'île et de la maison-phare dans les années suivantes.