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« Les premiers phares, au Québec, furent érigés au début du XIXe siècle. En trois ans, on construisit dix phares majeurs, la plupart en maçonnerie.

D'une hauteur de plus de 85 pieds, ils avaient une prestance particulière.  

Avant 1867, il n'y avait encore que 18 phares et un bateau-phare entre Québec et le détroit de Belle-Isle. »

Pomerleau, Jeanne,

Gens de métiers et d'aventures,
«Le gardien de phare».

Les phares de l'île
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Vers 1870, un pêcheur informe le département de la Marine et des Pêcheries «qu’entre Baie-Trinité et Sept-Îles, la navigation le long de la côte nord est très dangeureuse, surtout avec un vent d’est ou sud-ouest, et recommande qu’un phare et un canon à brume soient installés sur l’Île-aux-Oeufs pour permettre aux navires de s’approcher de la côte sans danger,» Située à près de 2 km du rivage, l'Île-aux-Oeufs occupe une position stratégique pour la navigation, car l'endroit assure une visibilité maximale de la lumière du phare dans cette portion dangereuse de la Côte-Nord.

«Dans ces années, la navigation s'intensifie et le nombre de bateaux de pêche est bien supérieur à celui d'aujourd'hui. Les îles et les rochers dans ce secteur du fleuve sont dangereux pour la navigation. Elles constituent pour beaucoup de navigateurs de cette époque, sans radar ni sondeur, des écueils avancés dans la mer, à peine perceptibles de nuit et encore plus à craindre en temps de brouillard.»
Mary Collin-Kavanagh, Femme de gardien de phare, p. 67

Avant la construction d’un phare de l'Île-aux-Oeufs, il semble que personne n'avait résidé en cet endroit. Le département de la Marine et des Pêcheries débute la construction du phare durant l’été 1871. Le phare comprend une tour en bois de forme octogonale adossée à la maison du gardien. La tour mesure 35 pieds de la base jusqu’au sommet de la lanterne.  Construit sur les plus hauts rochers de l’extrémité sud de l’île, le phare projète une lumière à 70 pieds au-dessus du niveau de la mer, qui est visible à une distance de 15 miles. Les travaux de construction du phare et de la maison du gardien sont complétés par l’entrepreneur J. B. Spence le 30 juin 1872 au coût de 3 830$.
«Le phare de l'île-aux-Oeufs, qui date de 1871, avons-nous dit, est une construction en bois de forme octogone. Ses feux sont visibles à une distance de quinze milles; ils brillent à une hauteur de trente-sept pieds au-dessus du rocher et d'environ soixante-dix pieds au-dessus du niveau de la marée haute.»
Damase Potvin, Le Saint-Laurent et ses îles.

En 1873, le phare présente des problèmes d’instabilité lors de forts vents et des cables en métal doivent être installés pour stabiliser la tour. Toutefois, la situation ne s’améliore pas, si bien qu’au printemps 1877, la tour est déclarée «non sécuritaire» car son instabilité provoque l’arrêt du mécanisme de rotation de la lumière du phare. Pour régler ces problèmes menaçant pour la sécurité de la navigation dans ce secteur, l’ingénieur du Département William Barbour propose qu’une tour soit construite en urgence à Québec, puis envoyée par bateau sur le «Druid» à l’automne de la même année. Réalisée au coût total de 2428$, la nouvelle tour de première classe en bois, solide et robuste, d’une hauteur de 50 pieds de la base au sommet de la lanterne est installée à l’automne 1877 sur les fondations exitantes adjacentes à la maison du gardien.

Peinte en blanc, la tour du phare comporte sur sa face sud une seule bande verticale rouge pour la reconnaissance de jour. La tour est couronnée d’une lanterne en fer et en verre de forme octogonale, d'une hauteur de 8 pieds et d’un diamètre 10 pieds, comportant une balustrade en bois à sa périphérie. Le phare de l’Île-aux-Oeufs, en opération du 1 avril à la fin novembre environ, n'était pas pourvu d'un appareil pour avertir les navigateurs du danger, comme une corne de brume ou un canon.


«Chaque année, du premier avril au vingt décembre, le phare de l'Ïle-aux-Oeufs doit être allumé. Du côté de la mer, il offre une lumière blanche, tournante, visible à quinze milles, et qui donne un éclat chaque minute et demie.» Faucher de Saint-Maurice, À tribord et à babord. «Ils brillaient à une hauteur de plus 21 mètres au-dessus du niveau de la marée haute. Ces feux étaient à éclairs blancs et il y avait deux éclairs à toutes les vingt-quatre secondes. L'appareil luminaire était constitué par deux réflecteurs plaqués en argent et de lampes à pétrole avec manchon à vapeur. Un mécanisme d'horlogerie avec poids faisait tourner les réflecteurs autour du manchon. Le système d'allumage n'était pas très compliqué: quatre lampes à pétrole et une dispositif très simple agonisait en même temps que les réflecteurs. La lumière à pétrole fut changée en lumière à gaz en 1918.»
Damase Potvin, Le Saint-Laurent et ses îles.

Le premier phare en bois de l'Île-aux-Oeufs va assurer l'aide à la navigation dans ce secteur dangereux de la Côte-Nord jusqu'en 1955. À partir de ce moment, le ministère des Transports construit à proximité du premier phare, une tour de forme octogonale en béton d’une hauteur de 14 mètres peinte en blanc avec une lanterne rouge, qui est encore en place actuellement. Construit dans le cadre d’un vaste programme d’amélioration et de standardisation des aides à la navigation au Canada, ce modèle de phare correspond au plan-type développé par le ministère, qui sera utilisé à cette époque pour le remplacement de plusieurs autres phares de la Côte-Nord du fleuve et du golfe Saint-Laurent, dont entre autres le phare de l’Île du Grand Caoui, l’Île du Corossol, l’Île-aux-Perroquets et l’île du petit marteau. Quant au premier phare en bois et à la maison du gardien, ils ont été malheureusement démolies au cours des années 1970.

Vidéo montrant au tout début l’Île-aux-Œufs, son phare et la maison-phare dans les années 1930. Par la suite, on découvre le village de Rivière-Pentecôte, lieu de naissance de mon père Robert-Patrick Chouinard.